plic... ploc... plic-ploc. plic. ploc.

Oui, je fais vachement bien le chat

Et oui, la mousson est là, mais peu importe car c’est la journée que l’on a choisie pour nous rendre au Cambodge: une journée de bus en perspective.

On quitte donc Don Khone non sans d’affectueux aurevoirs avec la gérante de notre guesthouse, qui nous donne un petit sac de bananes pour le voyage, et nous attache autour du poignet un bracelet tressé (geste traditionnel de protection) “pour la route”. Un dernier salut à l’embarcadère. Aurevoir Laos…

C’est à la frontière que ça devient amusant (après-coup). On nous avait prévenus que la corruption y était bien instaurée et on avait décidé d’essayer de ne pas y participer. Ainsi, arrivés au bureau de sortie du territoire laotien, où on doit se faire tamponner le visa, sans surprise, le fonctionnaire nous demande 2$ “for the stamp”. Evidemment, cela n’a absolument rien d’une taxe officielle mais va directement dans sa poche. On répond donc que non, le tampon c’est gratuit. Son premier réflexe est de nous rendre nos visas en nous disant de faire demi-tour. On garde le sourire (important, le sourire) et on lui redemande notre tampon, bloquant tranquillement la file des touristes qui attendent leur tour. Le douanier refuse toujours et nous ignore royalement en récupérant les passeports des autres touristes, garnis de dollars. Petite précision: la grande majorité des étrangers passent par le service payant de la compagnie de bus pour faire faire leur visa et on est donc peu nombreux au guichet.
Une fois tous les passeports tamponnés et les bakshish payés, on repart à l’assaut avec un air détendu. Il faut savoir qu’en Asie, il est primordial de ne jamais hausser le ton, jamais s’énerver. “Perdre la face” est extrêmement mal perçu et on ne serait arrivés à rien. Après quelques minutes d’échanges mi-plaisanteries/mi-menaces, et nous voyant bien décidés à ne pas bouger de devant leur guichet, l’un des fonctionnaires finit par tamponner notre passeport, gratuitement, et avec un grand sourire en prime!

La deuxième étape côté cambodgien est plus compliquée car le prix affiché pour le visa inclut carrément les 5$ bakshish. Là, ça nous semble vraiment difficile de négocier, même si on connaît le prix officiel du visa, d’autant plus que notre bus attend sur le parking. Un peu stressant. Contents de notre première victoire, on leur cède la deuxième manche…

C’est donc reparti, visa en poche, direction Siem Reap. Petit problème technique: nous avons 12$ en poche, et on découvre que la frontière est un no man’s land total. Pas un distributeur en vue… Evidemment, nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Le bus fera donc un stop devant une banque en traversant la prochaine grande ville. Manque de bol, le distributeur ne fonctionne pas. Le chauffeur nous annonce ainsi tranquillement qu’il faudra attendre l’arrivée à Siem Reap. Nous bénissons la gérante de notre guesthouse de Don Khone: ses bananes nous sauvent la vie!

Notre bus est censé arriver à 21h, on arrivera à 2h30 du mat’ dans une ambiance un peu étrange. En effet, on se retrouve tous enfermés dans la station de bus en compagnie de quelques chauffeurs de tuk-tuk, qui font leur marché parmi les touristes crevés et qui, comme nous, pour la plupart n’avaient pas réservé d’hôtel. Une voyageuse chinoise, Xie Min, qui ne parle pas un mot d’anglais, demande (par signes) si elle peut venir avec nous car elle n’a aucune idée d’où dormir. Les portes de la station de bus s’ouvrent une fois tous les tuk-tuk remplis, et on découvre à la sortie d’autres chauffeurs qui nous proposent le même trajet pour moitié prix. Magnifique exemple de corruption encore une fois. On lâche sans aucun remors le chauffeur qui nous avait pris pour du bétail et on grimpe dans un tuk-tuk “moitié-prix” (qui est en fait le prix normal). Evidemment, cela ne lui a pas franchement plu, mais ça ne nous a pas empêché de partir.

Arrivés enfin à la guesthouse qu’un voyageur de Don Khone nous avait conseillée, vers 3h du matin, on est ravis d’accepter la proposition de la gérante de partager une chambre avec Xie Min car il n’y a qu’une seule chambre de libre (avec deux grands lits). La guesthouse est super, la chambre spacieuse, claire et propre, et l’accueil vraiment adorable malgré le fait qu’on ait réveillé la gérante au milieu de la nuit. Bonne nuit!

Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux, maintenant!