Locomotion

Comment aller de Mae Salong en Thaïlande à Luang Prabeng au Laos en transports publics pendant les vacances du nouvel an? Avec un peu de chance, un peu d’audace, et beaucoup de flegme…

Tout d’abord, nous sommes partis sac sur le dos attendre le bus pour Mae Chan, qui est censé s’arrêter devant le 7 eleven. Quelques minutes après notre arrivée, alors qu’on attend sagement au bord du trottoir, un routier s’arrête acheter des clopes et nous propose de nous emmener jusqu’à Mae Chan. Trop contents de l’aubaine, on monte dans le camion, nous à l’avant et trois autres personnes dans la benne. Super, un billet de bus économisé!
En discutant avec le chauffeur, on se rend compte qu’en fait aucun bus n’allait passer aujourd’hui (c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles il a proposé de nous prendre), car c’est un jour férié. Décidément, Songkran n’en finit jamais…

Notre routier nous dépose à un carrefour de Mae Chan (dont on n’a pas le plan) avec une vague indication de la route qui mène à Chiang Saen, la deuxième étape du périple. On part donc en quête du bus (en espérant qu’il y en a un aujourd’hui) en demandant aux passants… qui ne nous comprennent pas vraiment. On arrive enfin à se faire comprendre par un chauffeur de taxi collectif à l’aide du Gépalémo (merci les amis!), qui nous renvoie vers un autre taxi/mini-bus collectif bondé à mort. Laurent fera le voyage debout sur le marche-pied et Agathe assise sur son sac entre les pieds des autres passagers. Heureusement, le trajet est rapide et on nous dépose à l’arrêt d’où notre bus est justement en train de partir. Ouf!

Les bagages entassés sur des cartons de surgelés (si si- on vous rappelle qu’il fait aux alentours de 40°C), on s’improvise des places debouts dans le couloir. C’est parti pour 1h30 de trajet jusqu’à Chiang Saen.

Troisième étape: Chiang Saen-Chiang Khong. On arrive en plein milieu d’une foire avec ses manèges et ses stands de rue: on confirme, c’est toujours Songkran. Après quelques minutes de marche, on atteint la station de mini-bus pour Chiang Khong, la frontière avec le Laos. Là, on apprend que:
- le trajet se fait en mini-bus collectif et qu’on doit attendre qu’il soit plein (15 personnes) avant de partir.
- en fait l’itinéraire jusqu’à la frontière se décompose en deux étapes, Chiang Saen-Hard Bai, puis Hard Bai-Chiang Khong dans un autre mini-bus. Evidemment, la correspondance n’est pas assurée.

Commence donc une attente au bord du Mékong (quand même), coca et petits gâteaux pour passer le temps… Puis le chauffeur du mini-bus nous annonce qu’en fait il n’y a pas de bus entre Hard Bai et Chiang Khong aujourd’hui, mais si on veut privatiser son taxi pour qu’il nous amène jusqu’à Chiang Khong pour la modique somme de 1 000 baths, pas de problème. Non? 600 baths alors? Non, toujours pas. On avoue, on a des doutes sur les intentions du chauffeur: veut-il nous aider ou voit-il des dollars ambulants? On décide de tenter notre chance: on va jusqu’à Hard Bai et on verra bien.

Troisième étape et demie… Ben on a vu. Après 45 minutes de mini-bus encore plus blindé que le précédent (25 personnes en fait: les femmes et les enfants entassés dedans, les hommes sur le marche-pied.. et une petite vieille qui ne semble pas se rendre compte qu’il y a Laurent entre la route et elle et qui lui balance ses épluchures de pipas dessus tout le trajet ☻), on se retrouve à Hard Bai, une route unique qui traverse pas grand chose à vrai dire; et pas de bus.
C’est le moment de réitérer l’expérience du stop, mais sur une plus longue distance cette fois, en suivant les conseils de “La Bible du grand voyageur” (merci les amis!). Deux-trois voitures passent en nous faisant de grands signes ravis. On ne sait pas s’ils n’ont pas compris qu’on faisait du stop, ou si c’était des encouragements du style “On ne vous prend pas, mais courage hein”. En tout cas, au bout de 15 minutes, un pick-up s’arrête. Le chauffeur se rend justement à Chiang Khong. Super, on grimpe à l’arrière et on est en route cheveux au vent pour la frontière avec le Laos.

pickup

Quelle aventure nous direz-vous. Oui, mais c’est pas fini…

La frontière entre Thaïlande et Laos est supposée se traverser en pirogue d’une berge du Mékong à l’autre. Manque de chance, l’embarquadère est de l’autre côté de la ville, à 3kms de là où on nous a laissés. On repart donc, les sacs sur le dos… et on se fait arroser sur le chemin (saleté de Songkran). On arrive fatigués et suants à l’embarquadère pour apprendre… que ce poste-frontière est fermé depuis décembre dernier et qu’un pont a été inauguré à 10kms de là pour passer la frontière. Aaaaahhhhhhrg !!!!!

La journée est trop longue pour nous. On va s’arrêter là pour la nuit; et on a bien fait car on s’est trouvé une petite guest house, cabanes en bambou au bord du Mékong, très sympa (mais il fait toujours aussi chaud).

L’aventure continue donc le lendemain. Comme sur des roulettes, on passe le pont et la frontière, on trouve des billets de bateau pour Luang Prabeng… et c’est la grande préparation pour la célébration de la nouvelle année (encore?!) laotienne dans la cour de l’agence qui nous vend les billets.

bbq

Sur le quai, deux laotiens disputent une partie de pétanque, héritage du protectorat français. Le trajet sur le Mékong durera deux jours, dans un long et étroit bateau en bois-mais avec des sièges de bus de récup’-, avec une étape pour la nuit au village de Pakbeng.

bateau

Ce voyage en “slow boat” nous permet d’observer la vie au bord du fleuve: les enfants qui jouent dans l’eau, les pêcheurs, les troupeaux de buffles, les vedettes super rapides avec leurs conducteurs qui portent un casque de moto…

mekong

Après trois jours de transport -camion, bus, taxi collectif, stop et bateau-, nous voici enfin arrivés à Luang Prabeng; et ça valait vraiment le coup.